mercredi 19 septembre 2018

37, étoiles filantes, Jérôme Attal

Si le nom de Jérôme Attal ne vous dit rien, vous vous raviserez en consultant la liste des chansons qu'il a écrites pour des chanteurs qui figurent dans votre playlist. Mais le monsieur n'est pas "juste" parolier, il est aussi écrivain. Son dernier roman, 37, étoiles filantes, nous entraîne dans le Paris de l'entre-deux-guerres, et a reçu un bel accueil parmi les lecteurs de la blogosphère en particulier...


Libres pensées...

A Paris, Alberto Giacometti s’apprête à rompre avec Isabelle, lorsqu’une américaine en voiture lui fonce dessus, et l’expédie à l’hôpital. Il se remet gentiment de l’incident, jusqu’à ce que lui revienne aux oreilles le mot sarcastique que son ami Jean-Paul – Sartre, s’entend- a eu à son endroit : « il lui est ENFIN arrivé quelque chose ». Alberto n'a plus qu'une idée en tête : casser la gueule à Jean-Paul.

37, étoiles filantes est un roman délicieux à plusieurs égards.
L'écriture est déliée et goguenarde, elle décrit entre courtes descriptions et débats enflammés la personnalité passionnée et hédoniste du sculpteur, son entourage fait de figures mythiques, à une époque ombragée, alors que se dessine peu à peu la menace du conflit mondial.

Le récit prend la forme d'une ballade dans Paris, on suit Alberto Giacometti quelques jours, depuis son accident jusqu'à l'assouvissement, surprenant, de sa vengeance.

Sous la plume de Jérôme Attal, le Paris des années 1930 prend vie, nous donne le sourire et l'envie de prolonger l'immersion, une fois le roman terminé. L'humour contribue lui aussi à vivifier ce qui n'est initialement qu'une anecdote, et qui en vient à prendre des proportions très amusantes. On ressent en lisant que l'auteur se fait plaisir, et il nous fait plaisir en retour. La lecture de ce roman m'a distrait, sa légèreté m'a transportée et me donne envie de le recommander, pour la bonne humeur qu'il nous communique. 

Pour vous si...
  • Vous ignoriez que Giacometti et Sartre étaient contemporains, et amis - du moins, jusqu'à "l'incident"

Morceaux choisis

"Et Jean-Paul qui reste comme deux ronds de flan avec sa théorie de l'existence alors que la vie lui échappe."

"_Je croyais qu'elle revendiquait d'être une femme libre.
_Oui, Simone tient à sa liberté.
_Bah! La liberté c'est juste la possibilité non négociable de pouvoir choisir ses propres servitudes."

"La vie est un Luna Park où l'on va d'une attraction à une autre. Certains passent leur vie sur le même manège, d'autres savent alterner les sensations, retrouvant à chaque nouveau tour la crainte et l'emballement des premières fois."

Note finale
3/5
(cool)

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