jeudi 21 janvier 2016

Comme tous les après-midi, Zoya Pirzad

Souvenez-vous, il y a quelques mois, je vous parlais de mon nouvel abonnement à Livre-moi(s), et de ma première lecture dans ce cadre, qui s'était révélée décevante : Ici ça va, de Thomas Vinau, n'avait pas franchement remporté mon adhésion.
Le second livre reçu était Les évaporés, de Thomas Reverdy, un livre que j'avais déjà lu (et peu apprécié - pour info, c'est un euphémisme) et que je me suis donc empressée de renvoyer.
J'ai reçu ensuite un livre de remplacement, Le Peigne de Cléopâtre, que je dois encore lire, et un dernier livre pour cet abonnement de trois mois : Comme tous les après-midi, par une auteur iranienne apparemment montante, Zoya Pirzad.



Le synopsis

Le roman est un recueil de courtes nouvelles, de quelques pages chacune, dévoilant le quotidien de femmes iraniennes, explorant leur rituel, leurs pensées, leurs préoccupations, entre la cuisine, les enfants, leur époux, tout ce qui constitue leurs gestes quotidiens, les habitudes dont leur vie est faite.


Mon avis

Le style de l'auteur m'a d'abord intriguée, car ses nouvelles sont avant tout la somme des tâches accomplies durant la journée par plusieurs femmes que l'on observe, comme au moyen d'une caméra cachée (mais sans le côté canular - grosse blague vaseuse).

Ce n'est que le quotidien, et pourtant, à mesure que s'étoffe la vision de ce que sont des bribes de leur vie, on est pénétré à la lecture par un sentiment d'intimité, on perçoit comme un tableau de leur existence, les différents acteurs et le rôle qu'ils y jouent, sans cesse répété, tandis que les jours, semblables les uns aux autres, défilent.

On est peu à peu imprégné de l'odeur et de la texture du riz pilaf aux lentilles, des cris des enfants, de la couleur des pétunias, de tout ce qui peuple le monde de ces femmes dont on ne sait, pour finir, que ce qu'elles font, et quant à ce qu'elles pensent, il ne s'y trouve rien qui sorte de ce quotidien bien réglé et qu'elles administrent d'une main de maître.

Ces nouvelles offrent ainsi une matière sociologique intéressante, et nous plongent dans un univers pour ma part inconnu, à la fois lointain et familier, puisqu'il s'agit bien souvent des tâches ménagères des unes et des autres, de ce qui succède aux matinées, puis aux après-midi, et que si la culture et les mœurs sont distinctes de celles qui m'ont entourée toute ma vie, il y a aussi la préoccupation des femmes mères de famille, de s'assurer que les enfants soient nourris, soignés, finalement universelle.

Un recueil donc qui m'a fait voyager, non pas en me promettant monts et merveilles de l'autre côté du globe, mais en relatant avec précision et un certain talent la vie de femmes dont je sais si peu, pour ne pas dire rien.

Livre-moi(s), ce nouvel essai est donc réussi!


Pour vous si...
  • La description de la vie quotidienne d'hommes et de femmes dans un pays éloigné ne vous ennuie pas, bien au contraire
  • Vous vous plaisez à lire des textes courts, où l'attachement aux personnages est de ce fait limité

Morceaux choisis

"Elle est encore debout à sa fenêtre. Seule. Le vent semble chatouiller les fleurs, mais celles-ci ne sont pas d'humeur à rire. Elles sont fatiguées."

"Elle n'aime pas rester inactive. Quand elle reste sans rien faire, elle se met à avoir des idées - des idées noires, des idées vaines. Elle déteste penser ou laisser aller son imagination. Elle admire les massifs en se disant : "Il faut que je range le sous-sol. Je vais me débarrasser de tout ce qui ne sert à rien et je le donnerai demain à Moharram." "


Note finale
3/5
(intéressant)

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