mardi 7 août 2018

Marina Bellezza, Silvia Avallone

En voilà, une surprise...
Après quelques mois de silence, je reviens joyeusement vous rabattre les oreilles avec mes pseudo-conseils de lecture. Vous pensiez peut-être que j'avais claqué la porte pour me reconvertir dans un domaine plus lucratif - instagrammeuse beauté ou garde du corps d'Emmanuel Macron -, ou que j'avais décidé d'aller faire de la spéléologie en Thaïlande, et je ne vous en veux pas - à votre place, j'en aurais espéré autant.
Hélas, point du tout. Une mission secrète dans le grand nord a eu raison de ma locacité virtuelle, mais toutes les bonnes choses ont une faim, surtout de gnocchis, si bien que je suis de retour, finement décidée à remettre à table !

Notez qu'en plus de me pointer la bouche en coeur avec une explication que même les électeurs de Dupont-Aignan trouveraient suspicieuse, je vais avoir le toupet de vous demander un brin d'indulgence, parce que les prochaines chroniques seront dédiées à des livres que j'ai lus en mars, et que mon souvenir est donc légèrement émoussé.
Ah, j'oubliais : j'espère que tout roule pour vous !

Il y a presque deux ans, je fêtais Halloween en vous parlant d'un roman italien du genre solide, D'acier. Nombre Premier m'avait prêté un deuxième roman de l'auteur, Silvia Avallone, il y a bien trop longtemps, qui dormait sur une des étagères de ma bibliothèque. Partons donc à la rencontre de Marina Bellezza.


Libres pensées...

Il y a plusieurs années, Marina et Andrea se sont aimés follement ; elle était adolescente, il avait quelques années de plus. Lorsqu'ils se recroisent, l'eau a coulé sous les ponts : Marina a vingt-deux ans, et elle est sur le point de devenir une chanteuse connue, une pop star. Andrea vit toujours dans l'ombre de son frère, qui est parti vivre à Tucson aux Etats-Unis et est sur le point de devenir papa. Alors que leurs chemins sont absolument divergents, ils retombent dans les bras l'un de l'autre.

Silvia Avallone sait comment tenir son lecteur à la culotte, comment l'appâter avec un synopsis générique pour finalement le prendre dans son filet et ne plus le lâcher.
Comme dans D'Acier, cela passe avant tout par un milieu : on sait de Marina et d'Andrea leur extraction sociale, elle issue de la classe populaire, lui d'une famille aisée. On se sent à l'étroit dans le quotidien de Marina qui rêve de reconnaissance, qui voudrait être aimée de tous sans exception, et l'on se sent mal à l'aise au milieu des proches d'Andrea, qu'il semble ne pouvoir que décevoir.

Comme toute romance qui se respecte, nos protagonistes sont fort différents, mais Cupidon s'en fout, si bien que leur attraction réciproque revient sans cesse se mettre en travers de leur chemin.
Car si tous deux voudraient concrétiser leurs espoirs d'enfant, ces espoirs sont fort peu compatibles, et posent la question du renoncement, et des choix qui font de nous les adultes que nous devenons.

J'ai le souvenir d'une lecture agréable, de personnages entiers, emportés par leurs humeurs et leurs émotions, de l'énergie qui se trouvait déjà dans D'Acier, combiné à une peinture sociale acérée.
Mon enthousiasme a sans doute été moindre qu'à la découverte du précédent ouvrage de l'auteur, mais Marina Bellezza reste cependant une lecture intéressante.


Pour vous si...
  • Vous avez un faible pour les configurations romantiques de type Roméo et Juliette, quels que soient l'époque et le cadre.
  • Vous vous êtes longtemps imaginé remporter Graines de Star. Si vos parents vous avaient laissé participer, il ne fait pas un pli que vous auriez connu la carrière d'Alizée, et brunché le dimanche avec Mylène. 
Morceaux choisis

"Il y a des moments où tu ne penses rien, tu ne comprends rien et tu n'es personne.
Il y a des moments, à vingt-sept ans, où tu ne connais qu'une seule chose, la plus importante, la plus vraie de toutes. La peur."

"Elle remporterait Cenerentola Rock, dans trois mois, une autre vie. Mais dans celle-ci, qui puait la fumée et l'alcool, elle était seule comme un chien, épuisée et perdue."

"Pourquoi les choses auraient-elles dû mal tourner ?
Parce que ce n'est pas si simple. Et que la vie n'est pas en notre pouvoir.
Et surtout parce que les fautes des autres, et des parents, retombent toujours sur les enfants."

Note finale
3/5
(cool)

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