lundi 13 août 2018

Les loyautés, Delphine de Vigan

En début d'année, le dernier roman de Delphine de Vigan est venu se glisser dans ma PAL. Avec sa belle couverture neige et rouge, on ne pouvait que céder à la tentation.


Libres pensées...

Hélène enseigne dans un lycée parisien. Dans sa classe de cinquième, elle repère Théo, un adolescent qui lui semble absent, et chez lequel elle devine les symptômes de la maltraitance, dont elle a elle-même été victime enfant.
Théo dissimule des secrets, en premier lieu celui de son père. Car ses parents sont séparés, et il vit chez chacun selon une garde alternée. Les semaines passées chez son père sont celles où il s'occupe de lui, qui a perdu son emploi et se laisse mourir dans son appartement à petit feu. A sa mère, il ne dit rien, à personne d'autre non plus, d'ailleurs. Avec son camarade Mathis, il a trouvé un exutoire à son quotidien : l'alcool. Dès qu'ils le peuvent, ils se procurent de l'alcool et boivent au-delà des limites.

Je n’ai lu que deux romans de Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit et D'après une histoire vraie, cependant les deux m’ont fait la plus forte impression. C’est donc armée de certitudes que je me suis plongée dans son petit dernier, Les loyautés.

Nouveau roman, nouvelle histoire. Les voix plurielles des protagonistes forment une partition où l'on devine le drame qui se prépare, et où l'on assiste, impuissant, à l'inévitable.
L'auteur décrit avec une simplicité de ton la violence d'un quotidien silencieux, ses différentes formes, l'isolement qu'elle crée, la solitude dans laquelle chacun est plongé, en dépit des liens qui font croire qu'ils peuvent s'y opposer.
D'une certaine manière, on s'attend à l'issue du récit, ce pressentiment noir s'ancre dans l'esprit du lecteur dès les premières pages. C'est pour cela sans doute que j'ai pensé, en lisant, à la maladroite, à l'échec du système scolaire comme du noyau familial pour aider un enfant qui porte un fardeau trop lourd.

Si j'ai sans doute été moins bouleversée que par Rien ne s'oppose à la nuit, Les loyautés n'en est pas moins un bon roman, dans lequel on a plaisir à retrouver le regard précis et sensible de Delphine de Vigan, qui laisse la voix à ses personnages, mais parvient à tisser talentueusement une tragédie sociale actuelle et redoutable.

Pour vous si...
  • Vous êtes un inconditionnel de Delphine de Vigan
  • Vous n'avez aucune confiance dans les jeunes d'aujourd'hui. D'ailleurs, c'était mieux avant. 

Note finale
3/5
(cool)

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